Photos du voyage
Dimanche 15/10
Quand Frédérique, Andrea et David me conduisent à l’aéroport, je ne réalise pas que je repars pour 15 jours au Japon.
Je me dis que Lundi, je retourne derrière mon bureau à faire suivre des mails d’une équipe à une autre.
Je monte dans l’avion, comme si j’allais prendre un bus ou un train. Même le décollage est assez irréel.
Dans le ciel, comme il fait beau, je découvre des sols, des plans de villes, des éoliennes sur l’eau, des vallées et des montagnes.
Lundi 16/10
L’atterrissage sonne comme un retour à la réalité. Plus d’une heure dans les douanes et les formalités pour activer mon JR Pass. Ce dernier est important, il donne un accès illimité aux trains circulant à l’intérieur du Japon. Dans le JR express entre Narita et Tokyo, je me rends compte que je n’ai pas dormi depuis plusieurs heures. Je suis presque arrivé à l’hôtel.
A Shinjuku, j’ai du bol, je sors du bon côté et je trouve mon lieu de résidence rapidement. La pluie battante me redonne de l’énergie pour arriver vite, pour poser mes affaires, pour prendre une douche. Il est midi. Le check-in de l’hôtel est à 15h. Malgré ma motivation sans faille, le sommeil et un jean qui se déchire y arrivent à bout. Je reste assis dans le Lobby, attendant 15h. Dans la chambre, je dors enfin jusqu’à 18h et je fais un tour dans le quartier. Ça brille, ça clignote de partout. Je réalise enfin que je suis au Japon. Il pleut averse. Je suis heureux.

Mardi 17/10
Décalage horaire dans ma face, je dors comme je peux malgré une chambre et un lit confortables. Je dois retrouver mon cousin et sa compagne à 10h30. Je suis douché, habillé, les dents brossées dès 7h. Je pars explorer le quartier au matin. Je n’ai pas passé beaucoup de temps a Shinjuku les fois précédentes, préférant Shibuya pour faire un tour dans le parc. Finalement, on sent que le quartier a eu ses heures de gloire dans les années 80. C’est du moderne fané, à la Blade Runner, du rétro futurisme avec de l’optimisme et de la graisse accumulée sur la ventilation des échoppes.
Je retrouve Tomomi et Savinien. Ça faisait longtemps. Ma fatigue maladroite n’arrive pas à cacher la joie de les retrouver. On va faire un tour au cinéma qui recueille les récompenses et les messages enthousiastes du film Dans un Recoin de ce Monde.
Puis on va faire un tour dans le quartier de Nakano, pas forcément bien indiqué dans les guides, mais qui possède une galerie marchande qui fera le bonheur des fondus de culture geek (hi tech, musique, jeux vidéo, manga, goodies) et de la culture japonaise. C’est le début de mon voyage il est trop tôt pour craquer.
On fait le tour de Nakano, on va faire un tour dans le parc de Kichijoji et de ses pédalos maudits pour les futurs ex-amoureux. On termine la soirée autour d’une fondue japonaise avec les parents très accueillants, très sympa et très drôles de Tomomi.
Tomomi et Savinien me raccompagnent en voiture à l’hôtel. L’occasion de découvrir la complexité de la conduite sur des petites routes et sur les grands axes Japonais.

Mercredi 18/10
Même nuit et réveil que la veille. J’ai ma matinée de libre avant mon train pour Kyoto. Il fait enfin beau. Je fais un tour dans le parc de Shinjuku. Par chance je gère bien mon trajet et je me retrouve à la sortie du parc, à deux pas de mon hôtel.
Savinien s’est proposé de m’accompagner. On arrive à la Gare de Tokyo et l’on fait le tour du quartier qui fait très New York.
Le stress retombe une fois dans le Shinkansen. Il se tortille entre les montagnes. J’arrive de nuit dans Kyoto. Sans repère visuel, avec la pluie qui m’accompagne fidèlement et le fait que tout le monde fait du vélo sur le bord de la route, tout cela me mine un peu. J’arrive péniblement dans ma Guest House. L’accueil est cordial, la chambre et le lieu sont spartiates mais c’est ce que je voulais. La tristesse a été de devoir faire le futon et m’y reprendre à plusieurs fois avant de me blottir sous la couette avec mon oreiller en sac de riz. Ni l’averse battante, ni les gouttes d’eau échouant dans mon jardin n’arriveront à bout de mon sommeil.

Jeudi 19/10
Réveil, rangements et prise de possession de la chambre et des lieux. Avec plus de repos, c’est vraiment super. Ça fait très ancien. Il y a des petites choses pour le confort moderne implantées aux forceps (prises électriques, toilettes etc.). Le personnel est très disponible et très gentil avec moi. Je me sens bien mieux ce matin.
Pas rancunier, je repasse donc par le marché de Sanyo-dori où j’ai failli me faire renverser par 30 vélos la veille.
Direction Gare de Kyoto pour estimer mon temps de trajet et je déjeune sur place des beignets à la cannelle. Sous la pluie, direction le sud ouest de Kyoto pour voir le temple To Ji. Je repasse par le parc et je termine mon trajet à Nishi Hongohan Ji. Je rentre à pied en fin de journée. Je commence à trouver mon rythme. Je dîne dans un restaurant sympa avant de me coucher.

Vendredi 20/10
En forme pour faire 20km dans la journée. Après le sud ouest, le sud est est ma cible. Il fait vraiment meilleur même si les nuages restent présents. Plein de temples, plein de parcs, plein de monde dans l’équivalent des Buttes Chaumont pour terminer dans l’équivalent du Sacré Cœur. J’ai pu manger un Mochi aux sésames.
Retour à l’hôtel à pied encore, je me pose quelques instants avant de repartir au Château Nijo, éclairé pour l’occasion de nuit, avec des animations. C’est, à ce moment, le truc que j’ai préféré à Kyoto. Avant la suite.

Samedi 21/10
Un petit coup de moins bien. Il pleut sans discontinuer. Ça ne me donne pas trop envie de parcourir une longue distance. De plus la majorité des événements prévus le dimanche tombe à l’eau à cause d’un typhon qui passera proche des côtes nippones. Je fais le plan de la flemme. Le Kyoto Gosho n’est pas trop loin. Mon cousin m’avait parlé de Gion à la nuit tombée. Je repars pour 20km de marche à l’assaut du château impérial (fermé finalement), et du quartier des Geishas le soir. J’ai quand même fait de belles photos. A la Guesthouse Sanjojuku, une petite surprise m’attend. Le personnel m’a offert une fleur et une part de gâteau. J’avais dit que je m’étais offert ce voyage pour mon anniversaire. Je suis ému par le geste. Je m’endors vaincu par la marche et l’émotion. Demain, la pluie redoublera. L’occasion de faire un peu de shopping.

Dimanche 22/10
C’est mon dernier jour complet et la pluie ne s’est pas arrêtée de toute la nuit. J’ai un peu de mal à bouger de la Guesthouse car ça ne m’enchante guère d’avoir à crapahuter avec un parapluie une journée de plus. Je fais quand même l’effort de trouver un magasin sympa près de la tour de Kyoto. Comme dans beaucoup de lieu de shopping au Japon, dans le même bâtiment vous pouvez trouver : de la bouffe, des frigo, des télés, des jouets, des magasins de fringues et des restaurants, à des étages différents. Je reviens assez content de mon excursion sous des trombes d’eau. A 18h la fatigue de la semaine m’achève. Je laisse un petit mot sur le livre d’or de l’hôtel et me couche aussitôt. La nuit sera rythmée par les torrents de pluie et les secousses du vent. Un typhon passe.

Lundi 23/10
C’est ma journée « trains ». Je dois parcourir Kyoto vers Sapporo en 12h. Le planning des voyages est un peu chamboulé par les pluies torrentielles de la veille. Entre deux coups d’œil sur le paysage, je regarde des épisodes de The Mist que j’ai choppé sur Netflix (peut être inspiré par les nuages dévorants les montagnes autour de Kyoto). J’espère pouvoir avoir toutes mes correspondances. Le premier et le second Shinkansen ont tous les deux 20 minutes de retard.
Je dois prendre 3 trains : Kyoto-Tokyo puis Tokyo-Shin Hakodate Hokuto enfin Shin Hakodate Hokuto-Sapporo.
Quand j’ai parlé de Sapporo à tous les Japonais que j’ai croisés, tous m’ont demandé si j’y allais pour le travail (genre : « qu’est ce que tu vas foutre là-bas ? »). Il semble que ce ne soit pas une destination très touristique.
Mais c’est un lieu que je voulais découvrir. Parce que c’est dans l’île du nord et je voulais voir ce qu’il y avait dans le Nord de l’archipel
Mon voyage initial devait partir d’Okinawa vers le nord avec beaucoup plus de destinations. Pour des raisons de budgets et de temps, je me suis restreint à 3 villes.
Et je voulais absolument faire un tour à Sapporo. On en reparlera plus tard 🙂 .
En tout cas, je ne regrette pas de faire ce voyage en train. Le Shinkansen se fraie un chemin entre la campagne vallonnée et boisée. Et même si je me dirige vers le nord pour suivre la traînée du Typhon et remarquer quelques lieux inondés, les paysages sont magnifiques.

Mardi 24/10
La couette et le lit me donnent envie de finir ma série avant de sortir. Fini le futon, de retour sur un super sommier. Je termine The Mist (on en reparlera dans la Tematek). Le service de chambre me rappelle à l’ordre. Je m’habille, me prépare pour me promener. Première mission : déjeuner. Objectif annexe : trouver des renseignements nécessaires pour explorer la ville.
Manger, je craque : des frites et un burger, j’avais besoin de changer un peu.
Explorer, en arrivant la veille, j’avais vu un parc (Odori) qui passe au milieu de la ville. Il barre la ville en deux et donne un super point de repères pour un touriste comme moi. Au nord la gare, au sud mon hôtel. C’est en fait une succession de places carrées, avec beaucoup d’arbres et de lieux verts. Avec le soleil enfin présent : c’est magnifique.
Bon, Sapporo, ca déchire. Je dis peut être ça parce qu’il fait beau temps. Frais mais avec un vrai soleil d’automne.
La nuit tombe à 17h30. Je rentre à l’hôtel pour recharger les batteries de mes appareils (Appareil Photo, Tablette et Smartphone, la sainte trinité du dieu Wifi). J’ai désormais un plan et une stratégie. Un peu de repos et demain : c’est parti.

Mercredi 25/10
Comme tout est accessible à pied d’après la carte que je me suis procuré, je ne sais pas trop où aller. Je décide de faire le Nord aujourd’hui et le Sud demain. Sachant que j’aimerai faire un petit tour de tramway. Il semble desservir les points clés qui se trouvent au sud de la ville. Donc, je trace vers l’université. Et quand on voit le lieu, on se dit qu’il faudrait faire plus de lieu comme celui là en France. Une université calme, belle, inspirante pour les étudiants.
Je repasse par l’ancienne préfecture d’Hokkaido et je termine ma matinée dans le jardin botanique (qui est bien mais sans plus, comme tous les parcs dont l’entrée est chère… ça ne semble pas valoir le coût).
Il est 15h, j’ai bien marché. Je repasse par la case hôtel. Je reste une heure avant que la nuit tombe. J’ai testé la vue depuis la tour de la télé. Je voulais attendre la nuit pour avec toutes les lumières. Ça ne donne rien en photo malheureusement. Je triche un peu avec des effets et en jouant sur les objectifs. Je finis ma journée un peu plus tard qu’hier, mais tout aussi content de mes découvertes dans la ville.

Jeudi 26/10
Donc, aujourd’hui, c’est l’ouest / sud ouest de la ville.
Il y a un temple qui semble accessible à pied et qui me permet d’enchaîner sur le mont Moiwa. Je décide de m’y rendre en repassant par le parc Odori. Ça reste définitivement le truc que je préfère à Sapporo. Comme à chaque sanctuaire, le chemin est long avant d’arriver au lieu de culte. Il reste plus simple que le Meiji Jingu de Tokyo mais le monument est toujours un modèle de construction en bois. Je prends quelques souvenirs en passant avant de continuer mon chemin vers le sommet du mont Moiwa. Comme j’avais été déçu par mes photos de la tour de la Télé de nuit, je voulais faire voir les hauteurs de jour et profiter ainsi de la couleur d’automne des arbres. Je me suis pris une petite claque et la batterie de mon appareil photo s’est vite déchargée. J’ai du prendre une télé cabine et un câble car pour arriver en haut. Même punition pour le retour.
Je rentre en tramway, comme je le voulais. Ça a été une journée bien remplie avec beaucoup de bonnes surprises.

Vendredi 27/10
Pour ce dernier jour entier à Sapporo. Je n’ai rien de prévu. J’ai une bonne adresse de restau conseillée par Tomomi, j’aimerai bien voir les abords de la rivière qui traverse Sapporo et si j’ai un peu de courage, j’irai faire un tour de grande roue.
Mais je ne me mets pas la pression. La motivation de ce dernier jour est de profiter un maximum du soleil avant de prendre le train demain.
Anecdote : il y a des libellules dans la ville. Ça m’a surpris car Sapporo est dessinée à l’américaine, avec des écrans géants qui hurlent de la pub à tous carrefours majeurs. Voir des cohortes d’insectes voltiger au milieu des buildings donne une certaine magie à mes promenades.
Alors je ne peux pas vous faire un topo sur la Grande Roue : je n’ai pas trouvé l’entrée. Parmi vous, j’en vois qui pense que je me suis dégonflé. C’est un peu vrai car malgré l’absence de précision sur comment accéder à la grande roue, je n’ai pas insisté non plus :-).
Je suis juste retourné aux abords du parc Odori et j’ai attendu que le soleil se couche. Et c’était bien. Je rentre prendre un bain à l’hôtel, télécharge avec le peu de connexion que j’ai Stranger Things S2 pour le train et prépare mon arrivée sur Tokyo.
Dernier round…

Samedi 28/10
Journée trains, le retour ! Sapporo-Shin Hakodate puis Shin Hakodate-Tokyo.
J’ai vraiment du mal à quitter Sapporo. Cette ville est vraiment chouette. Je ne m’attendais à rien. Si je suis venu ici, pour en finir avec ce suspens insoutenable (emphase), c’est pour un souvenir dans ma vie. Une des premières voitures que j’ai conduites était une Mitsubishi Sapporo. Pour la majorité des gens, vous pensez à la bière. Pour ma part, c’était une voiture coupée rétro futuriste, assez massive, avec une direction approximative mais avec une ligne un peu sportive. Donc passer 5 jours dans une ville inconnue, juste pour le nom d’une voiture. Heureusement que mes parents n’avaient pas pris une Renault 21 Nevada ou une Lada.

Dimanche 29/10
Deuxième typhon de passage sur le Japon en moins de deux semaines. Mon retour à Tokyo se fait sous une pluie battante. Je dois retrouver mon ami Fabien, qui est en voyage professionnel. La veille, il n’a pas pu trouver son Capsule Hôtel, découragé par les rabatteurs. Il s’est réfugié dans mon hôtel. Je lui fais découvrir Choco Cro puis direction Odaiba. Malgré la présence de Gundam, les averses tombent drues et l’on se réfugie au Joypolis de Sega. L’occasion de découvrir les nouveautés arcades (très maigres) et les attractions liées au monde du jeux vidéo. On a testé Resident Evil/ Bio hazard 7 où le plus difficile pour nous a été de comprendre les indications de notre guide. Mais le travail sur l’ambiance et sur la restitution réelle du jeu est plutôt bluffante. L’heure tourne et l’on va retrouver Tomomi qui travaille à proximité.
La menace de paralysie des transports suite au passage du typhon écourte notre journée sur Odaiba. On passe saluer le Gundam Unicorn avant de quitter l’île. Un petit tour sur le rainbow bridge et s’en vont…

Lundi 30/10
Journée solo. Je flemmarde un peu dans mon lit, prend un bain au lieu d’une douche, sort petit déjeuner 2 choco cro et un chocolat chaud. Je déambule dans Tokyo : Ginza, Palais Impérial, Meiji Jingu, Shibuya. Je retrouve Tomomi et Savinien pour dîner. En les attendant, je constate que le froid et le vent d’aujourd’hui n’ont pas découragé les cosplayers et cosplayeuses les moins vêtus. En tout cas ils sont à fond pour Halloween. Même si visiblement, il y a des personnages que je ne connais pas. On dîne dans un restau sympa et l’on finit la soirée avec un point de vue très haut de Shibuya et du fameux Carrefour. On se souhaite bonne nuit et l’on se dit à demain pour le dernier jour.

Mardi 31/10
Je pars tôt faire un dernier coucou au Gundam d’Odaiba et je retrouve mes cousins/cousines à Omote Sando. On doit visiter un musée qui restera fermé jusqu’au 2 novembre, comme indiqué sur cette maudite pancarte. Tant pis pour lui. Après un petit tour dans le quartier, on file à Yokohama pour une après midi remplie de Burger US, de Chinatown et de marche. C’est la journée où mon bracelet connecté explose, tellement mes statistiques de pas, d’escaliers, de temps et d’énergie dépensés affichent des valeurs loins de la norme. La nuit tombe, vers 17h00 (je ne m’y ferai jamais) et on retourne chercher mes valises laissées à l’hôtel. On dîne dans un restaurant typique japonais au Pedi Shiodome.
La course à l’Asakusa Line est lancée dès que l’addition est réglée. La bise d’au revoir est expédiée, la dernière épreuve pour attraper un avion rempli de français beaufs et relous est lancée. J’arrive à l’aéroport avec le cœur un million de fois plus lourd que ma valise. Les dernières photos, vidéos, le dernier transfert vers l’iPad, le dernier café, le dernier comptage de yens restants dans le porte-feuille, la dernière larme sur ma joue quand les réacteurs de l’avion me propulsent à des kilomètres du sol japonais. En écrivant ce passage je n’arrive pas à conclure. J’aimerai conclure avec un sourire, un bon mot, mais, à ce moment précis, je suis trop triste pour trouver une pirouette de fin.
