Les réseaux de ma colère

Les réseaux de ma colère

Quand je suis arrivé là bas, j’avais un rêve. Le partage.

J’ai toujours vu les réseaux sociaux comme un superbe moyen de partage de connaissances. 

On se réunit entre amis, on parle de ce que l’on aime, on en discute. On ouvre des portes par le dialogue.

J’ai commencé comme ça sur Facebook. J’ai adoré Twitter quand j’ai pu parler avec des personnes qui me semblaient inaccessibles par la distance ou par le talent. 

 Mais aujourd’hui, je dois me résoudre à qualifier mon rêve d’utopie. 

Que partage-t-on sur Facebook hormis son score à Candy Crush ? Qu’échange-t-on sur Twitter hormis des vannes RT à l’infini et de l’indignation en 140 caractères ? 

A l’heure où les politiques parlent de contrôles sur les réseaux sociaux, que le marketing digital refait la chronologie des informations publiées pour être plus pertinentes, que reste-t-il pour communiquer, pour dire aux gens qu’on les aime, les admire, les soutient ?

Le problème, ce n’est pas internet, c’est ce que nous en faisons.
Comme la lecture où n’importe qui peut acheter de la diarrhée verbale ou des cacas nerveux tartinés sur plusieurs pages.
Comme la télé où personne ne s’essaie à contredire les rejetons flasques des fascistes.

Au delà des réseaux sociaux, je vous invite à lire les forums ou les commentaires sur un site d’actualités. Il y a une bande organisée, que l’on devine avec des crânes rasés, derrière le clavier. 

Chaque média est un prétexte, pour diffuser de la haine.

La haine génère des conflits, les conflits génèrent des clics, les clics génèrent le buzz, le buzz génère la polémique, la polémique génère l’indignation, l’indignation génère des vues et de l’exposition médiatique.
Une transitivité parfaite, calibrée, mathématique. Ça a été testé avec les petits chats. 

Désormais, je passe pour un taré. Vous vous rendez compte ? Je suis un malade mental : je clique sur « j’aime » quand mes amis réussissent une étape dans leur vie, je partage une jolie image sans aucune ironie, je RTé des personnes que j’admire.

Je n’ai pas de haine à partager. 

Je n’ai vraiment rien compris aux réseaux sociaux.