[1h43]Rendez-vous

[1h43]Rendez-vous

Cela fait des mois que j’espère ce moment, que les choses changent enfin entre elle et moi.

Cela fait des semaines que je n’arrive pas à rester concentré si je pense à elle. Un trouble immense. Je suis obligé de sortir quelques instants prendre l’air. L’air froid de l’hiver emplit mes poumons.

Cela fait des jours que nous nous échangeons des SMS. Des textos avec des points de suspensions qui contiennent de lourds sous-entendus.

Comme celui-ci :

« On se voit mardi… Je passe chez toi après le boulot… »

Je lui ai répondu :

« Ok… »

On est mardi matin. Je n’ai pas réussi à dormir de la nuit. Je suis impatient d’être à ce soir.

Durant la journée, j’ai bu une bonne douzaine de cafés, j’ai fait acte de présence en réunion et les pixels de mon écran d’ordinateur ont été plus actifs que moi.

Je rentre finalement à la maison. Je me jette dans le canapé, pose mon blackberry sur la table basse à côté du paquet de clope. J’en sors une, l’allume. Pendant que la fumée bleutée s’élève, mes pensées s’évadent.

Comme n’importe qui dans cette situation, je me demande ce que l’on va se dire, ce que l’on va faire durant la soirée, comment ça va se passer ensuite. Très bien ? Mieux ? On verra. Je l’imagine également se préparer. Va-t-elle mettre son tailleur qui me rend fou ? Va-t-elle venir simplement en jean/t-shirt ?

Le téléphone sonne. Ma cigarette s’écrase dans le cendrier.

C’est elle. Elle est arrivé.

Un sursaut. J’ai la bouche sèche : L’émotion, le stress.

Je descends les marches rapidement pour la rejoindre. En me voyant, elle sort de la voiture. Mon imagination ne m’avait pas trahi, elle est ravissante.

« Salut ! »

« Salut… »

Une bise furtive.

« Tu es belle… »

Un silence pesant, gênant. Je ne savais pas quoi dire. La panique. J’ai surement fait une gaffe, mais elle ne réagit pas plus que cela. Je n’arrive pas à voir ses yeux, son visage contemple le sol.

Elle ne répond rien et se dirige vers le coffre. Elle en sort un carton.

« Tiens, tes affaires. Tu as regardé chez toi si tu m’as tout rendu ? »

« Oui ne t’inquiète pas… »

Dans le carton, quelques CD, des livres, un t shirt. Ca doit faire le compte.

« Je crois qu’il me manque un soutien gorges. »

« Je t’ai dit, je t’ai tout rendu. Ce ne doit pas être chez moi que tu… »

Un silence encore plus lourd. Pour enlever le poids, je propose :

« Tu veux monter prendre un café ? »

« Non, c’est bon… Je dois repartir, il est tard et je… euh… j’y vais. »

Elle me fait un signe de la main et ouvre la portière. Le moteur est en marche, la voiture part. Mon avant-bras est encore en l’air, ma main ouverte dans sa direction. Sa voiture disparaît au carrefour.

Elle est partie, définitivement. Je crois que j’aurai voulu la prendre dans mes bras une dernière fois, lui dire que je n’oublierai jamais les bons moments que nous avons partagés. Sentir battre son coeur contre moi, ma main passant dans ses cheveux. Terminer symboliquement cette soirée, enlacés dans le froid, comme notre premier rendez-vous…

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