Zurich : effet secondaire
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Il y a des décisions que je prends et que je ne m’explique pas. Et c’est bien comme ça. Si je dois faire un bilan de ces trois jours, la chronologie m’aidera à vous raconter ce périple.
Le vendredi : Pour Elle.
Mon train arrive en gare. La pluie est là. Mon parapluie est à Paris. Je prends quelques minutes pour en acheter un avec un plan et une carte de transport. Je me perds un peu pour trouver mon tram puis mon hôtel.
Le wifi activé : un message. On se retrouve à 19h30 à Paradeplatz pour dîner dans une brasserie Suisse Allemande. Ambiance taverne à l’ancienne, une déco qui aurait pu inspirer Tarantino pour Inglorious Bastards. Elle dépose sa veste jaune poussin sur la chaise, demande la carte avec son anglais impeccable et on commence à discuter.
Elle est ce genre de personnes que l’on croise dans sa vie et que l’on oublie pas. En deux ans sans se voir, ni vraiment se donner de nouvelles, il s’en est passé des choses. Pour elle comme pour moi.
Elle est ce genre de personne que l’on ne voit pas pendant des années et dont on a le sentiment d’avoir dit au revoir la veille.
Alors ce dîner en charmante compagnie restera un très bon souvenir : Sa culture, son charme, sa voix envoûtante, sa personnalité positive et son accent anglais (qui me file toujours autant de complexes) m’avaient manqué.
Dans cette brasserie, rattraper le temps perdu a fait refroidir notre plat, laissant les assiettes presque pleines.
Elle fait partie des formidables êtres qui peuplent mon cercle d’amis.
Nous nous sommes salués sur le quai du tram. Nous avons passé une belle soirée. Une fois à l’hôtel, elle m’avait laissé un message avec tous ses conseils pour profiter de la ville malgré la pluie, malgré ma mobilité réduite. Adorable.

Le samedi : Pour Zurich.
La nuit a été un peu compliquée : ma télé ne pouvait pas s’éteindre; l’absence de piles dans la télécommande et l’accès à la prise introuvable m’ont fait subir la lumière blanche de l’écran d’accueil (me souhaitant ironiquement la bienvenue dans l’hôtel). J’ai dormi un peu comme j’ai pu. Le réveil un peu douloureux, le temps que mes médicaments fassent effet, je suis parti vers 11h au musée Reitberg. Ma jambe a tenu bon pour le trajet et la petite côte sur le chemin.
Je vous laisse découvrir les photos. Surpris par les œuvres japonaises et chinoises : sublimes.
Je déjeune sur place mais j’avais oublié mes anti douleurs. De retour à l’hôtel pour quelques heures afin de regagner en mobilité.
Je me balade un peu, profite de ma jambe valide, à nouveau. Je me dirige vers le Kuntshaus museum. Trop tard, il ferme à 18h00. Il est 17h30, la jeune femme de l’accueil me propose de repasser demain.
Je retourne à l’hôtel. Je décide de faire des photos de nuit de la ville (idem, jetez un œil). Je file à la gare pour manger un Burger King, histoire de narguer ceux qui attendent à St. Lazare.
Je n’ai pas mal, je me sens bien pour une fois. Le retour à l’hôtel vers 23h00 est aussi un retour à la réalité : la douleur est revenue et ma jambe se dérobe. Mais, j’ai beaucoup voyagé, j’ai fait beaucoup de choses, je suis simplement fatigué.Il a fait gris toute la journée mais il n’a pas plu. Ça donne de jolies photos (même si c’est long de jouer sur la balance des blancs et les ISO).

Le dimanche : Pour moi.
La télé éteinte, j’ai rattrapé mon sommeil. J’ouvre les volets roulants. Il fait super beau, après ces deux jours trop gris. Elle m’avait dit vendredi : « va boire un chocolat chaud ». Elle m’avait dit : « C’est comme un petit village. Tout ferme tôt et il n’y a pas grand chose d’ouvert le dimanche ». Je confirme.
J’applique donc le plan B en absence de chocolat chaud. De retour au Kuntshaus, pour voir une expo sur les impressionnistes français et allemands. Sublime, marquante, informative.
Le temps magnifique me fait regretter de ne plus avoir de batterie dans mon NEX 5. Mon HTC One prend le relai. J’ai pu saisir quelques clichés de la ville ensoleillée avec mon appareil photo avant que la batterie déclare forfait. Une lumière douce et apaisante accompagne mes dernières heures ici. Je me prépare à rentrer.
Dans la gare, je rédige ce texte.

Le week end : Pour l’avenir.
Ce week end, c’est un moment hors du temps, hors de ma vie. Un peu comme une expérience mystique. Il est le symbole des changements récents dans ma vie, d’une certaine prise de conscience : Je ne renonce plus, j’avance sereinement, à l’image de l’être cassé mais en cours de reconstruction que je suis.
Mon ton fait très solennel, très, dramatique. Mais en fait, tout a été doux, calme, zen… J’en avais besoin, je crois.
Merci à Elle, merci à Zurich et merci à ce nouveau Moi qui se pose moins de question 🙂 .
