Je suis toujours dans un train quand j’écris des trucs étranges.
Ou bien, j’écris toujours des trucs étranges quand je suis dans le train.
C’est un peu le dilemme de la poule et de l’œuf
(A moins que l’on dise le dilemme de l’œuf et de la poule ? Même ça : c’est compliqué pour moi).
En toute transparence : Le train, c’est un fantasme sexuel et intellectuel.
Pour le sexe, vous repasserez.
Pour l’intellect, je vais vous expliquer.
On bouge toujours un peu dans sa tête quand on écrit. On passe d’une idée à une autre.
C’est linéaire, sur des rails. De gare en gare, on fait son chemin de pensée.
On dit que le plus beau, ce n’est pas la destination, c’est le voyage.
Mais à la fin, on est quand même content d’arriver.
J’ai longtemps cru que le processus d’écriture était une ligne droite, que l’on allait du point A vers un point B, avec quelques pauses et quelques zigzags, avec quelques trous et quelques embûches.
Avec la pratique, pour faire un beau voyage, il faut le faire plusieurs fois : Connaître les virages et les bosses, le nombre de vaches qui ruminent à votre passage, savoir d’où l’on part et où l’on va arriver.
La magie de la découverte cède place à la maîtrise du chemin; On passe de passager à conducteur.
C’est alors qu’il faut trouver un équilibre, de manière intuitive, avec un parcours indistinct entre la spontanéité et la technique.
Quand j’écris de manière automatique (comme à cet instant), je vais être fier de mes trouvailles, heureux de voir que je peux être cohérent tout en improvisant. Etrangement, la forme vient toute seule.
Entre les lignes que vous lirez et les lignes que j’ai écrites, il y aura une censure, une normalisation, une recherche d’un équilibre.
Mais à la fin, on n’a pas envie de comprendre : On a envie de voyager.
On a envie d’imaginer d’autres gens, d’autres histoires, de créer une aventure, de créer des événements qui changeront leur vie.
On a envie de créer une chaine causale plus ou moins probable qui mènera à une perte ou à une joie, à un orgasme ou à une claque, à un accident ou à la venue des extraterrestres sur la terre.
Alors inexorablement, je prends des trains. Mais des trains avec une prise électrique pour ne pas que mon ordinateur se décharge; sinon je n
