The Day my Heart imploded

The Day my Heart imploded

Je l’aimais. Je l’ai aimé. Je l’aime. J’ai perdu tout sens de la conjugaison ce jour là.

L’imparfait, c’était moi.

Dans mon lit, une autre… Nue, ses seins lourds contre moi, ses baisers dans mon cou, un regard que je ne voulais pas croiser, pas à ce moment. Je me sentais coupable de l’embrasser, coupable de mes mains sur sa croupe, imposant un rythme qui devait s’arrêter, fatalement.

Quand celle qui était dans mes pensées arriva dans la chambre. Une rousse, comme elle. Une très belle, comme elle. Dans mes bras, pas comme elle. Près de moi, pas comme elle.

Le passé composé.

Ce temps qui a ajouté de la distance entre elle et moi, entre les premiers jours remplis de passion et les derniers temps remplis de silences pesants. Elle a été là pour moi.

Elle a du partir pour sa carrière. Je lui ai répondu que je comprenais. Je ne lui ai pas dit combien son absence m’a fait mal ni combien je lui en ai voulu de m’avoir laissé. Ma colère, ma vengeance, cette fille que j’ai baisé.

Le présent.

La culpabilité est toujours là, tout comme l’envie, le désir.

Quand je pense à elle, je ne sais quel sentiment va me dominer. Dans mon appartement, le silence règne. Elle prend ses affaires, méthodiquement. La porte claque. Le téléphone sonne. Un SMS m’annonce qu’elle pense revenir prendre le reste plus tard.

Une autre sonnerie, un autre message. La remplaçante veut finir ce qu’elle a commencé.

Dans mon lit, de la mécanique. Un rythme régulier qui fait battre mon coeur par défaut. Une tentative futile de ressusciter un amour à l’agonie. Je la recherche en elle. Sur ses lèvres, sur son corps, je recherche sa douceur, sa force, ce qu’elle a été, jusqu’au bout, de nous, de moi.

Nous nous lovons l’un contre l’autre. Je passe ma main autour de sa taille. Sa tête sur mon torse, elle cherche les battements de mon muscle épuisé, meurtri, inutile. Je n’ai pas mal. Je ne suis pas triste. Je me sens vide.

Celle que j’aime de toutes mes forces est partie. La lumière du matin traverse les persiennes. Je sens mes larmes montées.

J’aimerai que celle qui est dans mon lit parte loin mais j’attire son corps contre le mien.

Avec ardeur, je tente de ressentir un frisson d’adrénaline, un soupçon de passion, une once d’envie. Mes oreilles bourdonnent, j’étouffe ses gémissements; je ne veux pas entendre sa voix. Plus aucun sens, ni le goût, ni l’odorat, ni le touché, ni l’ouïe, ni la vue, il n’y a plus rien.

Coupure générale.